Vous aimez le roman noir et vous êtes près de Pau ? Le festival Un Aller-Retour dans le Noir se tient du 2 au 4 octobre, avec une trentaine d'auteurs, des lectures dans le noir à la médiathèque et Peter Heller en invité. Son directeur, Stéphane Laborde, explique comment tout a commencé.
En bref
- Le festival polar de Pau, fondé en 2008, se tient du 2 au 4 octobre, avec une trentaine d'auteurs invités.
- Peter Heller, dont La Constellation du chien a été adapté par Ridley Scott, est invité, et l'Espagne est à l'honneur.
- Une soixantaine de classes rencontrent les auteurs, et la fréquentation du festival monte depuis son installation à la médiathèque.
Le chiffre clé : Une trentaine d'auteurs invités à Pau, contre une dizaine lors du tout premier salon en 2008.
Une dizaine d'auteurs en 2008, une trentaine aujourd'hui
Tout part d'un constat. À Pau, un salon du livre existait déjà, mais il ne s'y passait pas grand-chose, raconte Stéphane Laborde. Un soir, avec des amis passionnés de roman noir, il décide de monter un autre événement. Nous sommes en 2008.
Le petit groupe a un coup de pouce décisif : l'autrice Lalie Walker, décédée récemment, lui ouvre son carnet d'adresses. Le premier salon accueille une dizaine d'auteurs et rencontre un vrai succès. La municipalité et les éditeurs suivent très vite, et le public vient en nombre.
Avec le temps, les subventions augmentent, et la liste des invités aussi. Le directeur attribue cette réussite à l'exigence. Le festival mélange auteurs français et étrangers : des Espagnols issus des catalogues d'Actes Sud ou de Rivages, des anglo-saxons grâce à Gallmeister, mais aussi des auteurs de premiers romans.
Il y a deux ans, James Ellroy a fait le déplacement. Pour un salon de cette taille, dit Stéphane Laborde, cela compte énormément.
Pourquoi le festival s'arrête volontairement à une trentaine d'auteurs
« Nous limitons volontairement notre sélection à une trentaine d'auteurs »
Stéphane Laborde, directeur du festival, dans Livres Hebdo
La première raison est pratique : la ville de Pau a une capacité plus limitée qu'ailleurs. La seconde tient à la méthode. L'équipe veut que chaque auteur soit réellement découvert par le public, et mène un vrai travail avec les médiathèques, les libraires et les scolaires de la ville.
Résultat : le festival ne se résume pas à un week-end. Des rencontres en médiathèques et en librairies ont démarré dès le 22 septembre. Les organisateurs ont aussi mutualisé la venue des auteurs avec quelques autres manifestations.
Pour vous, c'est l'occasion de croiser des plumes en petit comité, dans des lieux que vous fréquentez peut-être déjà au quotidien.
Lectures dans le noir, minute impertinente et Peter Heller au programme
Plusieurs débats sont prévus. Les lectures dans le noir, en langue natale, ont changé de lieu : organisées jusqu'à récemment dans une salle au pied du funiculaire de Pau, elles se tiennent désormais à la médiathèque, où le festival s'est ancré.
Autre rendez-vous : « La minute Christine ». La journaliste de Libération Christine Ferniot y interroge des auteurs de façon impertinente, sur des temps très courts et sur un ton décalé.
Côté invités, le festival reçoit Peter Heller. Son livre La Constellation du chien a été adapté au cinéma cette année par Ridley Scott. Et comme chaque année, une soirée « boule à facettes » réunit le vendredi les bénévoles, les éditeurs et les auteurs.
| Date | Rendez-vous |
|---|---|
| Depuis le 22 septembre | Rencontres en médiathèques et en librairies |
| Vendredi 2 octobre | Matinée professionnelle, soirée « boule à facettes » |
| 3 et 4 octobre | Temps fort du festival |
L'Espagne invitée d'honneur, Rosa Montero pour marraine
Cette année, le festival met le cap sur l'Espagne. Les points d'accroche ne manquent pas avec Pau : la proximité géographique, mais aussi l'histoire. De nombreux Espagnols ont franchi la frontière pour échapper au franquisme.
Plusieurs autrices invitées gardent d'ailleurs un rapport encore douloureux avec un passé pas totalement digéré. C'est le cas de Rosa Montero, marraine de cette édition, mais aussi de Dolores Redondo et de Susana Fortes, des univers auxquels l'équipe se dit sensible.
Le genre change, et la programmation suit. L'équipe lit tout ce qui lui est envoyé. Franck Thilliez a été reçu il y a deux ans à la demande du public. Stéphane Laborde reconnaît une forme de saturation de certaines thématiques, tout en affirmant son admiration pour David Joy, Jurica Pavicic ou Gabriel Tallent.
Le festival cherche aussi d'autres regards : Oto Oltvanji, chez Agullo, sur la Serbie, ou, par le passé, Nilima Rao, autrice tahitienne publiée chez Au vent des Îles.
Soixante classes par an et une fréquentation en hausse à la médiathèque
Le président de l'association qui porte le festival, Jean-Christophe Tixier, est au départ un auteur jeunesse. Il a très tôt sensibilisé l'équipe aux rencontres avec les scolaires. Chaque année, une soixantaine de classes viennent à la rencontre des auteurs, avant et après le salon.
Stéphane Laborde y voit des moments précieux : des jeunes qui, parfois pour la première fois, accrochent à un livre. Ce vendredi 2 octobre, une matinée professionnelle s'interroge justement sur la façon dont les codes du polar peuvent donner envie de lire aux adolescents.
Le contexte budgétaire, lui, n'est pas simple pour tout le monde. L'ambassade des États-Unis a réduit de 80 % sa subvention au Festival America, à Vincennes, ce qui a conduit les organisateurs à mettre fin au partenariat. À Pau, le système de comptage de la médiathèque montre une fréquentation en hausse chaque année depuis l'installation du festival sur place.
Vos questions
Quand a lieu le festival Un Aller-Retour dans le Noir ?
Le temps fort se tient les 3 et 4 octobre à Pau. Une matinée professionnelle ouvre le programme le vendredi 2 octobre. Des rencontres en médiathèques et en librairies ont lieu depuis le 22 septembre.
Quels auteurs sont invités cette année ?
Le festival reçoit une trentaine d'auteurs, dont l'Américain Peter Heller, auteur de La Constellation du chien. L'Espagne est invitée d'honneur, avec Rosa Montero pour marraine. Christine Ferniot, de Libération, anime « La minute Christine ».
Comment le festival est-il né ?
Il a été fondé en 2008 par un groupe d'amis amateurs de roman noir, dont Stéphane Laborde, qui voulaient autre chose que le salon du livre existant. Le premier rendez-vous a réuni une dizaine d'auteurs. L'autrice Lalie Walker leur avait ouvert son carnet d'adresses.
Sources : livreshebdo.fr.
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