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« Il faut le lire pour se faire son avis » : le libraire Benoît Lacoste défend le roman d'Orélien, accusé d'IA

Accusé d'avoir écrit son roman avec une IA, Thélyson Orélien reste en tête des ventes de romans. Auteurs et libraires le défendent.

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Clémence Valombre

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« Il faut le lire pour se faire son avis » : le libraire Benoît Lacoste défend le roman d'Orélien, accusé d'IA
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Vous hésitez à ouvrir C'était ça ou mourir depuis que son auteur est accusé d'avoir utilisé une IA ? Thélyson Orélien le dément, et le roman est pourtant le plus vendu de la rentrée. Des écrivains le soutiennent, des libraires le gardent en vitrine et vous invitent à juger sur pièces.

En bref

  • Un compte anonyme sur X, tenu par Samuel Fitoussi, affirme que le roman est largement écrit avec une IA.
  • Thélyson Orélien dément et reste premier des ventes de romans : 18 500 exemplaires la semaine dernière, contre 12 000 avant.
  • Yasmina Khadra et Mohamed Mbougar Sarr défendent l'auteur, et des libraires gardent le livre sur leurs tables.

Le chiffre clé : 18 500, exemplaires du roman vendus la semaine dernière en France, selon NielsenIQ BookData.

Le roman reste premier des ventes malgré l'accusation

Depuis qu'un compte anonyme sur X a affirmé que C'était ça ou mourir avait été largement écrit avec une intelligence artificielle, le roman de Thélyson Orélien ne lâche plus le haut des classements. Derrière ce compte se trouve l'essayiste Samuel Fitoussi. L'écrivain, lui, dément.

Les chiffres de NielsenIQ BookData sont nets. Le livre s'est écoulé à 18 500 exemplaires la semaine dernière, contre 12 000 la semaine d'avant. Il occupe toujours la première place des ventes de romans à l'échelle nationale et il est le roman de la rentrée le plus vendu depuis une semaine.

Personne ne peut mesurer ce qui pousse les acheteurs. Curiosité pour ce que serait une « écriture IA » ? Soutien à un auteur visé par une vague d'injures racistes ? Critiques littéraires dithyrambiques ? Ou simple effet boule de neige, car le succès appelle le succès ?

Les libraires accordent le bénéfice du doute à l'auteur

Publié par Boréal en mars 2026, puis par Grasset en août 2026, le roman a été le préféré des libraires au 22e Palmarès Livres Hebdo des libraires. La polémique ne remet pas ce choix en question. « C'est un texte important qu'il est dommage d'enterrer aussi rapidement », assure Émilie Gruffat à Livres Hebdo.

LibraireLibrairiePosition
Émilie GruffatAu sommet des mots, ClusesContinue de défendre le livre
Maria FerraguAu Passeur de l'Isle, L'Isle-sur-la-SorgueGarde le roman dans la sélection de son prix des lecteurs
Benoît LacosteAux feuilles volantes, Saint-Paul-lès-DaxMessage de soutien sur Instagram
Vincent LatasteLe Partage des mots, Villenave-d'OrnonCoup de cœur maintenu
Paméla Ferra CabrillatL'envers et l'endroit, BlanquefortAttend des réponses

Toutes les personnes interrogées font crédit au romancier. Aucune ne parle de « rupture de confiance » pour l'instant. Toutes attendent en revanche des explications.

Le livre reste en vitrine, avec une note de lecture

Personne n'a rangé le roman dans les cartons. Il reste sur les tables et en vitrine, accompagné d'une note de lecture. Dans certaines enseignes, les ventes ont pourtant été stoppées. D'autres continuent de bien le vendre, surtout à une clientèle qui veut se forger sa propre opinion.

« Je reste sur mon expérience de lecture, je continue de le défendre en expliquant à ma clientèle qu'il faut le lire pour se faire son avis. »

Benoît Lacoste, libraire à Saint-Paul-lès-Dax, à Livres Hebdo

Ancien ingénieur en mathématiques, le même libraire estime qu'« il sera impossible de prouver s'il a eu, ou non, recours à l'intelligence artificielle ». Sur ce point, la réponse risque donc de ne jamais venir. Vous pouvez feuilleter le roman en rayon ou le demander à votre bibliothèque, et trancher par vous-même.

Des lecteurs prêts à pardonner si le texte les touche

À la fin d'un club de lecture, Céline, libraire dans le sud de la France, a demandé leur avis aux participants. Si le roman a bien été écrit avec une IA, ils évoquent une déception et le sentiment d'avoir été trompés. Mais cela ne change rien au texte : s'ils aiment ce livre, ils l'aimeront malgré tout, rapporte-t-elle.

Les positions divergent. Certains lecteurs jugent le recours à l'IA acceptable tant qu'il est indiqué. D'autres assurent qu'ils n'auraient pas ouvert le livre.

Vincent Lataste, du Partage des mots à Villenave-d'Ornon, pose une nuance. Pour lui, c'est « un texte beau et émouvant s'il a été rédigé par un être humain ». S'il a été écrit par une machine, il considère que l'émotion ne peut pas être la même. Il fera pourtant confiance à l'auteur, s'il affirme avoir écrit le roman.

Auteurs et libraires dénoncent des attaques racistes autour de l'affaire

Plusieurs écrivains, dont Yasmina Khadra et Mohamed Mbougar Sarr, se sont exprimés sur l'affaire. Selon les prises de parole, le débat se resserre tantôt sur l'intelligence artificielle, tantôt sur les attaques racistes qui ont ciblé l'écrivain, originaire d'Haïti.

Chez les libraires, le ton est vif. Ils parlent de « chasse aux sorcières », de « cabale humaine », d'« histoire nauséabonde ». Paméla Ferra Cabrillat s'étonne que Thélyson Orélien soit « le premier auteur à faire l'objet d'une telle vérification ». Solveig Touzé, cogérante de La nuit des temps à Rennes, dénonce « des enjeux relevant d'un racisme assez crasse » et regrette que l'Académie Goncourt ait retiré le roman de sa sélection.

Reste la question de demain. Les libraires s'attendent à voir arriver de plus en plus de textes écrits par l'IA dans leurs rayons. « Cela fait peur mais c'est intéressant. Qu'est-ce qu'on fait de tout ça maintenant ? », s'interroge Vincent Lataste.

Vos questions

Thélyson Orélien a-t-il reconnu avoir utilisé une IA ?

Non, il dément. L'accusation vient d'un compte anonyme sur X, géré par l'essayiste Samuel Fitoussi. Le libraire Benoît Lacoste estime qu'il sera impossible de prouver quoi que ce soit.

Le roman est-il toujours en vente ?

Oui, dans la plupart des librairies, sur les tables ou en vitrine, souvent avec une note de lecture. Quelques enseignes ont toutefois stoppé les ventes. Au niveau national, il reste premier des ventes de romans.

Qui a publié C'était ça ou mourir ?

Le roman est paru chez Boréal en mars 2026, puis chez Grasset en août 2026. Les libraires l'ont placé en tête de leur préférence au 22e Palmarès Livres Hebdo. L'Académie Goncourt l'a en revanche retiré de sa sélection.

Sources : liberation.fr, livreshebdo.fr, telerama.fr.

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