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Droits de bibliothèque universitaire à 40 euros minimum : ce que le rapport de juin changerait pour les étudiants

Un rapport de juin propose de relever les droits de bibliothèque à 40 euros minimum, contre 34 euros depuis 2015. Les enjeux débattus à l'ADBU.

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Clémence Valombre

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Droits de bibliothèque universitaire à 40 euros minimum : ce que le rapport de juin changerait pour les étudiants
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Si vous fréquentez une bibliothèque universitaire, la cotisation pourrait bouger. Un rapport publié en juin préconise de passer les droits de bibliothèque de 34 à 40 euros minimum par étudiant, alors que les budgets d'acquisition reculent. Le congrès de l'ADBU à Montpellier a mis le sujet sur la table, avec l'IA et la fiabilité de l'information.

En bref

  • Les droits de bibliothèque, bloqués à 34 euros depuis 2015, passeraient à 40 euros minimum par étudiant selon un rapport de juin.
  • Depuis 2015, les moyens consacrés aux ressources documentaires par les services communs de documentation ont baissé de 19,5 %.
  • Le 55e congrès de l'ADBU a réuni 330 participants à Montpellier, sur le thème des intégrités et de l'IA générative.

Le chiffre clé : 19,5 % de baisse des moyens d'acquisition de ressources documentaires des bibliothèques universitaires depuis 2015.

Les droits de bibliothèque passeraient de 34 à 40 euros minimum

C'est la mesure qui concerne directement les étudiants. Le rapport « La documentation pour la formation et la recherche : étude des coûts », publié en juin, recommande de porter les droits de bibliothèque à 40 euros minimum par étudiant. Ils sont figés à 34 euros depuis 2015.

Rien n'est encore décidé. Il s'agit d'une préconisation, discutée lors de la dernière journée du congrès de l'ADBU, l'association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires. Aucune date d'application n'a été annoncée.

Précision utile : ces droits concernent les bibliothèques universitaires. Les médiathèques municipales, elles, ne sont pas visées par ce rapport.

RepèreMontant par étudiant
Droits de bibliothèque depuis 201534 euros
Niveau préconisé par le rapport de juin40 euros minimum

Pourquoi les bibliothécaires veulent indexer ces droits sur l'inflation

L'argument est celui du pouvoir d'achat des collections. Carole Letrouit, inspectrice générale au ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, a copiloté ce rapport. Elle fait un parallèle avec les droits d'inscription, ajustés chaque année.

« Les droits d'inscription des étudiants sont revus chaque année en fonction de l'inflation. En toute logique, les droits de bibliothèque devraient augmenter tous les ans, au moins du taux d'inflation »

Carole Letrouit, inspectrice générale, lors du congrès de l'ADBU

Son objectif : freiner la chute des budgets documentaires. Depuis 2015, les moyens dont disposent les services communs de documentation pour acquérir des ressources ont diminué de 19,5 %. Pour vous, cela peut se traduire par moins de titres, moins d'abonnements, moins de nouveautés sur les rayonnages ou en ligne.

Carole Letrouit a aussi pointé un manque. Les premiers contrats d'objectifs, de moyens et de performance, signés au second semestre entre l'État et les universités pilotes de Nouvelle-Aquitaine et de Provence-Alpes-Côte d'Azur, ne mentionnent pas la documentation. Elle y voit « un vrai problème », car c'est une mission fondamentale des universités.

Les universités dépensent plus qu'elles ne gagnent depuis 2025

Les droits de bibliothèque s'inscrivent dans un tableau financier tendu. Gilles Roussel, professeur à l'Université Gustave Eiffel, a coprésidé avec Jérôme Fournel les Assises du financement des universités. Leur rapport a été remis fin juin 2026 aux ministères concernés.

Son constat : beaucoup d'établissements sont en difficulté depuis 2021, et la situation empire chaque année, car les charges montent plus vite que les recettes. À partir de 2025, les dépenses dépassent les recettes. La trésorerie permet encore de tenir, mais « on va dans le mur », a-t-il averti.

Parmi les pistes : diversifier les ressources par les appels à projets, les financements d'entreprises, l'apprentissage et les droits étudiants. Augmenter les frais d'inscription en fait partie. La subvention pour charge de service public versée par l'État doit toutefois rester la ressource principale, à 76 % aujourd'hui.

À l'Université de Montpellier, la part des ressources propres atteint 27 %. Son directeur général des services, Bruno Fabre, confirme que boucler l'année à l'équilibre devient de plus en plus difficile.

L'IA générative fragilise la fiabilité des publications scientifiques

Le congrès avait pour thème les « intégrités ». Invitée comme grand témoin, Lisa Janicke Hinchliffe, de l'University of Illinois Urbana-Champaign, coprésidente de l'initiative United 2 Act Against Paper Mills, a décrit les « usines à articles ». Ces organisations fabriquent et vendent des publications scientifiques falsifiées à des auteurs sous pression.

Selon elle, l'IA générative accélère le phénomène des deux côtés : fabriquer un texte convaincant n'a jamais été aussi simple, et le repérer n'a jamais été aussi difficile. Les bibliothèques n'évaluent pas les articles et ne contrôlent pas les éditeurs. Mais elles peuvent jouer un rôle d'alerte précoce, par exemple quand un spécialiste remarque une anomalie dans un schéma de citations.

Elle a aussi relié le sujet à l'argent. Les bibliothèques paient de plus en plus de frais de publication, via les APC ou les accords transformants, négociés notamment par le consortium Couperin. D'où ses questions : qui soutient-on, pourquoi paie-t-on, et reçoit-on la qualité promise ?

Gilles Roussel a ajouté que l'essor de l'IA transformera les métiers des bibliothèques et entraînera un coût supplémentaire. Il appelle à décider ce que l'on fait, comment, ce que l'on arrête et ce que l'on poursuit.

La science ouverte progresse, mais l'odyssée n'est pas finie

Le vendredi 2 octobre, Marin Dacos, coordinateur national de la science ouverte, a présenté la Stratégie de science ouverte 2026 à 2033, dévoilée par le ministère une quinzaine de jours plus tôt.

Les progrès sont réels depuis le premier plan national de 2018. Aujourd'hui, 87 % des chercheurs évoluent dans un environnement doté d'une politique de science ouverte, contre 4 % en 2016. Et 61 % des publications scientifiques sont en accès ouvert, soit 24 points de plus en huit ans.

Mais pour Marin Dacos, « on est très loin d'avoir achevé notre odyssée ».

Le congrès s'est déroulé dans des conditions inhabituelles. Le Palais des Congrès a été évacué le mercredi, à cause d'événements climatiques, et la manifestation a été réorganisée en quelques heures. Les 330 participants ont d'abord siégé à l'Institut de botanique, puis à l'Opéra Comédie. La présidente, Sandrine Gropp, bras en écharpe, a salué les équipes en clôture. Rendez-vous du 29 septembre au 1er octobre 2027 à Valenciennes pour la 56e édition.

Vos questions

Les droits de bibliothèque universitaire vont-ils vraiment passer à 40 euros ?

Pas à ce stade. Le rapport de juin préconise 40 euros minimum par étudiant, contre 34 euros depuis 2015, mais il s'agit d'une recommandation. Aucune date d'application n'a été communiquée lors du congrès.

Les médiathèques municipales sont-elles concernées ?

Non, d'après les éléments présentés. Le rapport porte sur la documentation pour la formation et la recherche, donc sur les bibliothèques universitaires. Les services communs de documentation des universités sont les premiers concernés.

Pourquoi l'IA inquiète-t-elle les bibliothèques universitaires ?

Elle facilite la fabrication de faux articles scientifiques et rend leur détection plus difficile, a expliqué Lisa Janicke Hinchliffe. Elle transforme aussi les métiers des bibliothèques, avec un coût supplémentaire à prévoir, selon Gilles Roussel.

Sources : livreshebdo.fr.

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