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5 tendances de l'imaginaire à connaître avant votre prochaine lecture : fantasy, formats courts, sagas resserrées

Marché en hausse de 4 % en valeur, novellas, sagas raccourcies, cosy fantasy : cinq tendances de l'imaginaire pour choisir votre prochain livre.

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Clémence Valombre

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5 tendances de l'imaginaire à connaître avant votre prochaine lecture : fantasy, formats courts, sagas resserrées
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Vous cherchez votre prochain roman d'imaginaire ? Le secteur progresse de 4 % en valeur sur un an, et les éditeurs changent leurs recettes : textes plus courts, sagas resserrées, parutions rapprochées, douceur, regard féministe. Voici cinq tendances pour guider vos choix en librairie et en médiathèque.

En bref

  • L'imaginaire gagne 4 % en valeur et 1,5 % en volume entre juillet 2025 et juin 2026.
  • Les éditeurs misent sur les novellas et nouvelles, et réduisent le nombre de tomes, parfois jusqu'à un seul volume.
  • Les séries sortent en rafale, la douceur et l'humour séduisent, et le féminisme irrigue les publications de l'année.

Le chiffre clé : +4 % de hausse en valeur des ventes de l'imaginaire entre juillet 2025 et juin 2026.

L'imaginaire progresse de 4 % en valeur malgré un contexte tendu

Le climat n'a rien de rose pour les éditeurs. La crise du détroit d'Ormuz a pesé sur le prix du pétrole, sur l'énergie et sur le pouvoir d'achat. La guerre en Ukraine a fait grimper le prix du papier. Marion Mazauric, du Diable vauvert, résume l'ambiance : « Les libraires sont prudents, l'ambiance est anxiogène en France, les festivals sont moins financés alors qu'ils sont essentiels pour l'achat de livres ».

Pourtant, le secteur tient. Selon NielsenIQ BookData, les ventes progressent de 1,5 % en volume et de 4 % en valeur entre juillet 2025 et juin 2026. Hania Jalkh, directrice éditoriale de Bragelonne, donne sa lecture : « Les genres de l'imaginaire offrent par définition une porte pour s'évader, particulièrement au vu des différentes actualités ».

Aux forges de Vulcain, la meilleure vente des douze derniers mois est Heureux comme jamais de Guillaume Chamanadjian. Une farce où les ultra-riches, après avoir saccagé la Terre, s'entretuent. L'évasion se vend, y compris avec de l'humour noir.

La forme courte devient la rampe de lancement des éditeurs

Tous les livres ne maigrissent pas. La trilogie chronolytique de Michel Jeury, en édition collector chez Robert Laffont, dépasse 600 pages. D'autres chants de Jacek Dukaj (Rivages Imaginaire, 2026) aussi. Mais en parallèle, plusieurs maisons parient sur le court. ActuSF lance une collection de novellas baptisée « Nagori ».

Vous les croiserez en rayon : Quand les loups reviendront d'E. J. Swift (Bragelonne), Les essaims de Chloé Chevalier (Robert Laffont, Grand Prix de l'Imaginaire 2025 en Nouvelle/Novella francophone) ou le recueil Lucioles. 15 fictions pour des futurs écologiques (La Volte). L'éco-fiction s'y révèle un format vendeur.

Le Bélial' fête les dix ans de sa collection « Une Heure-Lumière ». Son cofondateur Olivier Girard a relevé des épisodes de 430 commandes en 48 heures, avec cinq ou six livres par commande. La maison teste aussi ses auteurs dans la revue Bifrost et dans la collection 42, qui rassemble des nouvelles.

« Le format référent pour l'imaginaire est selon moi la forme courte, la nouvelle. C'est une énorme rampe de lancement, une manière de faire découvrir un auteur. »

Olivier Girard, cofondateur du Bélial', dans Livres Hebdo

Pour vous, c'est l'occasion de découvrir une plume sans vous engager sur des centaines de pages.

Les sagas maigrissent : moins de tomes, parfois un seul volume

Paul-Étienne Garde, responsable Imaginaire du Livre de Poche, constate que « la tendance est de réduire le nombre de tomes car les lecteurs s'investissent moins dans de longues sagas ». Les exceptions existent : The Expanse de James S.A. Corey et Le livre des martyrs de Steven Erikson se vendent bien. Les livres de Brandon Sanderson doivent être coupés en deux, et font encore autour de 900 pages.

Chez Mnémos, l'éditeur Frédéric Weil est encore plus tranché : « Avant, plus on mettait de volumes, plus on en vendait. Aujourd'hui, c'est l'inverse. » Un cycle de six ou sept volumes devient ingérable pour sa maison. Il préfère un seul volume.

La solution : plusieurs livres situés dans un même univers, mais indépendants, et de moins de 200 pages. Vous pouvez entrer par n'importe quelle porte, sans craindre de rater un épisode.

Les tomes sortent en rafale pour ne plus faire attendre

Autre recette : resserrer le calendrier. Verso publie la trilogie Sworn Soldier de T. Kingfisher en trois mois seulement. Son éditeur Glenn Tavennec explique que « cette stratégie permet de ne pas faire attendre les lecteurs et de créer une vraie actualité pour l'autrice ».

Frédéric Weil avance deux raisons. Quand l'attente est trop longue, le premier tome a quitté le rayon à la sortie du second, et personne n'achète le tome 2 sans le tome 1. Et face à une série en cours, certains lecteurs préfèrent attendre que l'éditeur l'ait terminée. Montrer la saga complète d'emblée lève cette méfiance.

MaisonStratégie observée
VersoTrilogie Sworn Soldier publiée en trois mois
MnémosLa dernière transhumance : tome 1 en avril, tome 2 en septembre
Livre de PocheRéduction du nombre de tomes, tomes de Sanderson coupés en deux
Le Bélial'430 commandes en 48 heures sur « Une Heure-Lumière »

Le résultat pour vous : des séries que l'on peut enchaîner d'une traite, sans attendre un an entre deux tomes.

Douceur, humour et féminisme : ce que les lecteurs réclament aussi

Le succès de Welcome to Fae Café, cosy fantasy de Jennifer Kropf, a pris de court ses éditeurs. Le livre dépasse 20 000 exemplaires vendus malgré deux ruptures, et il est paru en poche en septembre. Florence Lottin, directrice éditoriale de Pygmalion, y voit la « preuve que nous avons clairement besoin de douceur et d'humour dans ce monde de brutes ».

Même logique chez J'ai lu, dans la collection « Nouveaux Millénaires ». Le restaurant des robots rêveurs d'Annalee Newitz aide à trouver « ce qui nous rend heureux », résume Quentin Monstier, directeur de la collection.

Un autre fil rouge traverse les parutions de l'année : le féminisme, en propos principal ou en filigrane. Autrices et auteurs prennent leur revanche sur le masculinisme, parfois d'une plume hautement vindicative. Si vous aimez les récits qui prennent position, l'imaginaire est un bon terrain de chasse.

Vos questions

L'imaginaire se vend-il mieux qu'avant ?

Oui. Entre juillet 2025 et juin 2026, les ventes progressent de 1,5 % en volume et de 4 % en valeur, d'après NielsenIQ BookData. Le contexte reste difficile : prix du papier, libraires prudents, festivals moins financés.

Les grandes sagas vont-elles disparaître ?

Non, mais elles se raréfient. Des séries comme The Expanse ou Le livre des martyrs se vendent bien, et les livres de Brandon Sanderson restent autour de 900 pages même coupés en deux. Les éditeurs réduisent toutefois le nombre de tomes et préfèrent parfois un seul volume.

Par quel texte court découvrir un auteur d'imaginaire ?

Les novellas et les nouvelles sont de bonnes portes d'entrée. Vous pouvez essayer Les essaims de Chloé Chevalier, Grand Prix de l'Imaginaire 2025 en Nouvelle/Novella francophone, ou un titre de la collection « Une Heure-Lumière » du Bélial'.

Sources : livreshebdo.fr.

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