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Piège à miel : pourquoi la rage des héroïnes s'impose, et ce que la vengeance d'Yrsa dit de l'après-#MeToo

Dans Piège à miel d'Imani Thompson, une thésarde regarde une abeille s'approcher d'un directeur de mémoire allergique. Que reste-t-il de #MeToo ?

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Clémence Valombre

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Piège à miel : pourquoi la rage des héroïnes s'impose, et ce que la vengeance d'Yrsa dit de l'après-#MeToo
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Vous avez peut-être senti cette colère monter dans vos lectures récentes. Dans « Piège à miel », premier roman d'Imani Thompson, une doctorante regarde une abeille approcher la boisson d'un directeur de mémoire allergique, et ne bouge pas. Avec la série « Furious », le roman pose une question : que reste-t-il de l'optimisme de #MeToo ?

En bref

  • Dans « Piège à miel », Yrsa laisse une abeille s'approcher d'un directeur de mémoire allergique qui a pillé les recherches d'une étudiante.
  • Le roman est le premier de la Britannique Imani Thompson et paraît au Mercure de France, avec une héroïne doctorante à Cambridge.
  • La série « Furious » met elle aussi en scène une rage féminine contre la domination masculine, ce qui interroge l'héritage de #MeToo.

Le chiffre clé : 1er roman, premier roman de la Britannique Imani Thompson, publié au Mercure de France.

Yrsa laisse une abeille faire le travail, sans lever le petit doigt

La scène se passe dans le jardin d'un campus de Cambridge. Un directeur de mémoire est assis là, une canette de limonade à portée de main. Cet homme a pillé les recherches d'une étudiante. Il est aussi allergique aux piqûres d'abeilles.

Yrsa, l'héroïne, voit l'insecte se diriger vers la canette. Elle n'intervient pas. Elle ne prévient personne. Elle regarde, et elle s'en satisfait.

Ce geste minuscule est précisément ce qui dérange. Pas d'arme, pas de plan élaboré : une abstention. Yrsa découvre presque par hasard qu'elle détient le pouvoir de tuer, et elle observe les effets sans détourner les yeux : la langue qui gonfle, le visage « rouge framboise », selon les mots du roman.

Une thésarde bloquée trouve dans la vengeance un grand soulagement

« Piège à miel » est le premier roman de la Britannique Imani Thompson. Il paraît au Mercure de France. Son héroïne prépare une thèse, et elle peine devant son sujet : comment l'afropessimisme façonne le discours des femmes noires sur leur émancipation.

Le contraste saute aux yeux. Sur le papier, Yrsa théorise l'émancipation. Dans le jardin, elle la vit, à sa manière, en réglant ses comptes avec un homme qui a profité du travail d'une autre. Le roman lui prête un vrai soulagement à ce moment-là, alors que sa recherche, elle, patine.

Voilà pourquoi la scène accroche. Elle ne repose pas sur une rage hurlante. Elle montre un calme presque glacé, celui d'une personne qui a trop attendu que justice soit faite.

Le roman et la série « Furious » disent la même colère

« Piège à miel » n'est pas seul. La série « Furious » met elle aussi en scène une rage féminine tournée contre la domination masculine. Deux fictions, deux formats, un même ressenti : la colère n'y est plus un défaut à cacher, elle devient un moteur de récit.

Voici ce que l'on peut retenir du roman, de façon factuelle :

ÉlémentDans « Piège à miel »
HéroïneYrsa, thésarde
LieuUn campus de Cambridge
CibleUn directeur de mémoire
Faute reprochéeAvoir pillé les recherches d'une étudiante
Faiblesse de la cibleUne allergie aux piqûres d'abeilles
ÉditeurMercure de France

Le point commun avec la série n'est pas l'intrigue, mais le ton : des femmes qui cessent de s'excuser d'être en colère face à des hommes qui dominent.

De la parole libérée à la riposte imaginée : le virage après #MeToo

#MeToo a porté un espoir : celui que dire les choses suffise à les changer. Ces fictions semblent faire un pas de côté. L'héroïne ne dénonce pas, ne témoigne pas, ne dépose pas plainte. Elle laisse la nature, et un directeur de mémoire trop imprudent, faire le reste.

Gardons la mesure. Un roman n'est pas une enquête, et aucune étude ne prouve ici un changement d'état d'esprit des lectrices. Ce que l'on peut dire, c'est que l'imaginaire s'empare de la fantaisie de la vengeance, là où l'optimisme des débuts misait sur la parole.

Ce que cela révèle est peut-être simple. Quand la reconnaissance tarde, la colère cherche d'autres formes, et la fiction lui offre un espace sans risque. Le lecteur peut y éprouver ce qu'il n'oserait pas dire à voix haute, puis refermer le livre.

Ce que cela change pour votre prochaine lecture

Si vous suivez la rentrée littéraire ou si vous empruntez régulièrement en médiathèque, ce roman est un livre à noter. Il tient en une scène : une abeille, une canette, une doctorante qui ne bouge pas. Cela suffit à lancer le débat.

Vous pouvez le lire de deux façons. Comme un roman noir à l'humour grinçant, où la vengeance est presque un soulagement comique. Ou comme un miroir, qui renvoie la question laissée en suspens : que reste-t-il de l'optimisme de #MeToo quand la fiction préfère la riposte à la parole ?

Dans les deux cas, regardez ce que vous ressentez à la scène du jardin. Soulagement, malaise, rire nerveux : votre réaction en dit déjà long.

Vos questions

De quoi parle « Piège à miel » ?

C'est le premier roman de la Britannique Imani Thompson, publié au Mercure de France. Yrsa, doctorante à Cambridge, laisse une abeille s'approcher de la boisson de son directeur de mémoire, allergique aux piqûres. Il avait pillé les recherches d'une étudiante.

Quel est le sujet de thèse d'Yrsa ?

Elle travaille sur la façon dont l'afropessimisme façonne le discours des femmes noires sur leur émancipation. Elle peine devant ce sujet. Le roman lui prête en revanche un grand soulagement quand elle règle ses comptes avec les hommes.

Quel rapport avec la série « Furious » et #MeToo ?

Le roman et la série mettent en scène une rage féminine contre la domination masculine. Cette colère pose la question de l'optimisme de #MeToo : la parole libérée a-t-elle laissé place à l'envie de riposter, au moins dans la fiction ?

Sources : nouvelobs.com.

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