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Jonathan Littell publie L'héritage chez Gallimard : une vie entière, du suicide du père au revolver dans la bouche

Jonathan Littell revient avec L'héritage chez Gallimard : 464 pages, 23 euros, une vie racontée du suicide du père au revolver.

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Clémence Valombre

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Jonathan Littell publie L'héritage chez Gallimard : une vie entière, du suicide du père au revolver dans la bouche
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Vous cherchez un roman qui prend à bras-le-corps une vie entière ? Jonathan Littell, l'auteur des Bienveillantes, publie L'héritage chez Gallimard. Maxime A. y traverse l'enfance, l'amour, l'annonce d'une paternité, jusqu'au revolver dans la bouche. Un livre charnel et violent, qui a de quoi impressionner les sceptiques.

En bref

  • Maxime A. porte les mêmes nom et prénom que son père, suicidé quand il était enfant.
  • Le récit court du suicide du père jusqu'au revolver dans la bouche du narrateur.
  • Gallimard imprime 15 000 exemplaires de ce livre de 464 pages, vendu 23 euros.

Le chiffre clé : 15 000, exemplaires pour le tirage annoncé de L'héritage chez Gallimard.

Maxime A. hérite du nom de son père et de son suicide

Imaginez porter les mêmes nom et prénom qu'un père qui s'est donné la mort quand vous étiez enfant. C'est la situation de Maxime A., le narrateur de L'héritage. Le titre désigne d'abord cela : un traumatisme, que Maxime partage avec sa sœur jumelle, camarade de jeu et de bêtises inséparable.

Jonathan Littell, que le prix Goncourt a fait connaître avec Les Bienveillantes, ne s'attache pas ici à un seul épisode. Il balaie une existence entière, de ce suicide paternel jusqu'au moment où Maxime se retrouve, lui aussi, avec le canon d'un revolver dans la bouche. Le sexe et l'effroi reviennent sans cesse, dans un récit très physique, tourné vers les corps.

Pour vous, lecteur de la rentrée, l'intérêt est simple. Ce roman suit un homme sur toute sa durée. Si vous aimez les histoires qui embrassent une vie plutôt qu'une aventure, il mérite une place dans votre pile.

L'enfance, premier territoire d'un récit où le sexe et l'effroi s'invitent

L'enfance est la première terre explorée par le livre. Les vacances scolaires y semblent infinies, puis le temps s'accélère à mesure que les années défilent. Ces années assistent en silence à l'éloignement du frère et de la sœur, qui se perdent peu à peu de vue.

Après la mort du père, la mère s'occupe peu de ses enfants. Elle rentre tard presque chaque soir, parfois accompagnée d'un homme. Depuis le salon de la maison familiale, une scène sonore s'impose alors au narrateur :

« un bref rire fêlé, un gloussement dégoûtant de plaisir »

Jonathan Littell, L'héritage

Au dernier étage de la maison se trouve le bureau du père. Il s'y retranchait pour écrire et pour contempler sa collection de photographies de femmes nues. Une armoire y renfermerait les manuscrits qu'il a laissés. Le décor est posé : un père absent, qui a laissé derrière lui ses écrits et ses images.

Devenu jeune adulte, Maxime emménage dans l'appartement que son père occupait en ville. Il le rêve en garçonnière. Il y apprend pourtant qu'il va, à son tour, devenir père.

Une vie, des rencontres et une guerre qui rôde en arrière-plan

Le roman s'interroge sur la part de hasard dans une existence : ces rencontres qui font dévier une trajectoire, et la liberté dont on dispose pour la diriger. Il explore pour cela les rapports humains à partir de leurs socles : la famille, l'amour, le sexe, la solitude. Il prolonge en cela Une vieille histoire. Nouvelle version, parue chez Gallimard en 2018.

Le pays n'est jamais nommé. Le danger, lui, est bien là : y scander « Liberté ! Égalité ! Fraternité ! » est jugé « dangereux ». Une guerre a endeuillé ce territoire, et un garçon sort un jour de sa poche une poignée de douilles et d'os.

Peu à peu, des bribes de cauchemar s'infiltrent dans l'histoire, sans que le narrateur paraisse s'en apercevoir. La nuit s'épaissit, jusqu'à ce que l'horloge lâche : « Il est trop tard ! ». La violence des jeux d'enfants, ces gamins « trop énervés pour rester dans [leur] peau », finit par contaminer chaque dimension du récit.

Moins ample que Les Bienveillantes, mais de quoi faire taire les sceptiques

On l'a souvent répété : Jonathan Littell ne serait l'auteur que d'un seul livre-monstre. Cette étiquette colle à son nom depuis Les Bienveillantes, et chaque nouveau roman est lu à son ombre.

Le constat est net : L'héritage n'a pas l'ampleur romanesque de ce roman-monde. Mieux vaut donc ne pas l'ouvrir en espérant retrouver le même souffle. En revanche, cette traversée d'un homme à l'intérieur de sa propre vie a de quoi impressionner même les lecteurs les plus réticents.

Autrement dit, ne cherchez pas une suite. Cherchez un autre roman, centré sur une seule voix, celle de Maxime, et sur ce que lui laissent en héritage un père disparu, une mère absente et une époque dangereuse.

Prix, pagination, tirage : les repères avant d'ouvrir le livre

L'héritage paraît chez Gallimard le 15 octobre. Voici la fiche du livre.

InformationDétail
AuteurJonathan Littell
ÉditeurGallimard
Parution15 octobre
Prix23 euros
Pagination464 pages
Tirage15 000 exemplaires
ISBN9782073167422

À 23 euros les 464 pages, c'est un achat qui se réfléchit. Si vous êtes abonné à une médiathèque, une suggestion d'acquisition est le moyen le plus simple de le lire sans le payer, à condition que votre établissement accepte les propositions des lecteurs.

Vos questions

Quand sort L'héritage de Jonathan Littell ?

Le roman paraît chez Gallimard le 15 octobre. Il compte 464 pages et coûte 23 euros. Son tirage annoncé est de 15 000 exemplaires.

De quoi parle L'héritage ?

Le narrateur, Maxime A., porte les mêmes nom et prénom que son père, suicidé quand il était enfant. Le récit suit sa vie, de ce suicide jusqu'au moment où il se retrouve avec le canon d'un revolver dans la bouche. Il y est question de famille, d'amour, de sexe et de solitude.

Faut-il avoir lu Les Bienveillantes pour lire ce roman ?

Le livre raconte la vie d'un seul narrateur, Maxime A., de l'enfance à la scène du revolver. Il n'a pas l'ampleur romanesque des Bienveillantes et se lit comme une histoire à part. Il s'inscrit plutôt dans la lignée d'Une vieille histoire. Nouvelle version, publiée en 2018 chez Gallimard.

Sources : livreshebdo.fr.

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